Ce que retiennent les tests
Cette fiche compile dix-sept tests publiés entre novembre 2025 et août 2026 par seize médias : deux laboratoires (RunRepeat et RTINGS) et quinze tests terrain, dont deux de Road Trail Run menés par des testeurs différents. Seize sont publiés hors de France, aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne et au Danemark ; un seul est français, Runninglab. Personne à la rédaction n’a couru avec cette chaussure : chaque constat est attribué au média qui l’a publié, selon notre méthodologie.
Cinq avis plus courts, non signés, sponsorisés ou publiés avant tout essai (MarathonWorld, Runtrip Magazine, Fun Run, NorthernRunner, Meta Endurance) ont aussi été lus, hors décompte. The Run Testers, Running Shoes Guru, Outside et Sports Direct, restés illisibles, ne sont pas cités.
Amorti et dynamisme
Les tests décrivent une chaussure carbone efficace plutôt que spectaculaire. RunRepeat mesure un retour d’énergie en hausse sur la Pro 4, mais neuf tests la jugent moins vive ou moins rebondissante que les meilleures super-chaussures. Believe in the Run trouve sa mousse datée et moins vive au-delà de 16 km, Solereview lui préfère le rebond de l’Adios Pro 4 et de la Rocket X 3, The Running Club celui de l’Elite 2.
La fermeté divise. Huit tests décrivent une foulée ferme ou rigide, dont Doctors of Running, Running Warehouse et RunningXpert ; RunRepeat mesure une flexion de 26,1 N, contre 15,5 N en moyenne. Le testeur de mars de Road Trail Run parle au contraire d’une mousse très souple, et RunRepeat la mesure un peu plus souple que la moyenne (33,3 contre 35,5 Asker C). Solereview et Foroatletismo assurent qu’elle ne pénalise pas les allures modérées.
Stabilité
C’est son principal atout. Treize tests sur dix-sept la jugent stable pour une chaussure à plaque. RunRepeat lui donne 82 en stabilité et mesure un avant-pied de 120,1 mm de large, contre 115,1 mm en moyenne ; RTINGS la note 7,7/10. RunRepeat, Solereview, 220 Triathlon et Doctors of Running la conseillent aux coureurs qui attaquent du talon, Solereview et Fordy Runs aux légers pronateurs et aux coureurs lourds.
Deux tests nuancent. Doctors of Running trouve l’avant-pied moins stable côté interne, effet de la plaque rainurée. Le testeur de mars de Road Trail Run juge l’arrière-pied peu stable, au point de la déconseiller aux pronateurs.
Chaussant et pointure
Treize tests gardent leur pointure habituelle, et RTINGS lui donne 9,9/10 en fidélité de taille. RunRepeat la trouve un peu petite d’après 38 propriétaires, et Women’s Running UK conseille d’essayer une demi-pointure au-dessus.
Le volume divise davantage. Doctors of Running, Road Trail Run, Running Warehouse, 220 Triathlon et Alastair Running décrivent un chaussant spacieux, qui accueille un pied un peu large. Women’s Running UK, Foroatletismo, RunToTheFinish et Runninglab la trouvent étroite à l’avant, et la testeuse de Women’s Running UK a eu les orteils engourdis. RunRepeat mesure une boîte à orteils de 69,3 mm, contre 73,2 mm en moyenne.
Le talon concentre les critiques : sept tests signalent un frottement ou une irritation au contrefort ou près du tendon d’Achille, de Road Trail Run, où une testeuse a saigné, à The Running Club. Plusieurs conseillent des chaussettes hautes. Running Warehouse relève aussi une tension au tendon, attribuée à la rigidité de la chaussure.
Adhérence et durabilité
La nouvelle semelle PWRTRAC convainc douze tests, y compris sous la pluie. RunRepeat mesure 0,68 sur béton mouillé, contre 0,52 sur la Pro 4. Alastair Running la limite à la route et déconseille les pavés lisses.
La durabilité est plutôt saluée. RunRepeat mesure 0,6 mm d’usure au test d’abrasion, contre 1,1 mm en moyenne. Doctors of Running ne voit aucune usure après 64 km, The Running Club aucune après environ 190 km. Solereview la juge pourtant insuffisante pour un usage quotidien, et les deux tests de Road Trail Run s’inquiètent des zones de mousse exposées.
À retenir : les tests décrivent une chaussure carbone stable, accrocheuse et plutôt durable, utilisable en séance comme en course, avec trois réserves : un poids et une fermeté au-dessus des meilleures, un talon qui irrite souvent et un dynamisme jugé modeste.
Données constructeur et mesures de laboratoire
Saucony France publie le poids, le drop et les hauteurs, sans préciser la pointure de référence du poids (US 9 homme et US 8 femme selon RunRepeat, Doctors of Running et Solereview).
| Donnée | Annoncé par Saucony | Mesuré par RunRepeat | Mesuré par RTINGS |
|---|---|---|---|
| Hauteur au talon (mm) | 39,5 | 36,5 | 38,2 |
| Hauteur à l’avant-pied (mm) | 31,5 | 27,8 | 28,1 |
| Drop (mm) | 8 | 8,7 | 10,1 |
| Poids homme (g) | 206 | 215 | 212,4 (US 9) |
| Poids femme (g) | 178 | non mesuré | non mesuré |
| Retour d’énergie talon / avant-pied (%) | non publié | 72,8 / 75,8 | 82,4 / 81,7 |
| Largeur de semelle talon / avant-pied (mm) | non publiée | 91,2 / 120,1 | 87 / 117 |
Les deux laboratoires mesurent une semelle plus basse que l’annonce, surtout à l’avant-pied (3,4 à 3,7 mm de moins), d’où un drop plus élevé : 10,1 mm chez RTINGS. Si tu viens d’une chaussure à drop plus faible, lis notre guide du drop des chaussures de running. Les testeurs pèsent leur paire de 212 g en US 9 (The Running Club) à 243 g en UK 11 (Road Trail Run).
Le 17 octobre 2026, saucony.com/FR l’affichait à 270 € en prix initial, soldée à 216 €, en homme comme en femme ; i-Run en proposait plusieurs versions de 189 à 208 €. Aux États-Unis, la plupart des tests de lancement citent 225 $, mais la fiche saucony.com indiquait 240 $ ce jour-là. Elle coûte 250 £ au Royaume-Uni selon 220 Triathlon et Women’s Running UK, et 37 400 ¥ au Japon selon Runtrip Magazine.
Endorphin Pro 5 ou Endorphin Pro 4 : ce qui change
La Pro 5 est sortie en février 2026 aux États-Unis selon Road Trail Run, le 16 mars 2026 selon Marathons.com. Fordy Runs et Alastair Running en avaient publié un test dès la fin 2025.
| Élément | Endorphin Pro 4 | Endorphin Pro 5 | Source |
|---|---|---|---|
| Plaque carbone | en cuillère, d’un seul tenant | rainurée, à quatre branches | Road Trail Run, RunRepeat |
| Mousses | PWRRUN HG et PWRRUN PB | inchangées | Road Trail Run, Running Warehouse |
| Hauteurs annoncées (mm) | 39,5 / 31,5 | 39,5 / 31,5 | Road Trail Run |
| Drop annoncé (mm) | 8 | 8 | Road Trail Run, The Running Club |
| Accroche mesurée sur béton mouillé | 0,52 | 0,68 | RunRepeat |
| Largeur d’avant-pied mesurée (mm) | 118,9 | 120,1 | RunRepeat |
| Tige | languette repliable, col plus bas | languette extensible plus haute, contrefort plus haut et moins rembourré | Road Trail Run, RunToTheFinish |
Sur la route, la plupart des tests y voient une évolution discrète. Runninglab a du mal à la distinguer de la Pro 4 et conseille celle-ci en promotion. Doctors of Running et RunningXpert la trouvent plus ferme et plus agressive à haute vitesse. RTINGS mesure un avant-pied plus ferme et un amorti qui tient mieux au fil des kilomètres. Le poids ne bouge guère : 2 % de moins chez RunRepeat, 5 g de plus chez Doctors of Running.
Et après la Pro 5 ?
Au 17 octobre 2026, aucune Endorphin Pro 6 n’est annoncée. La fiche Saucony France n’en parle pas, et le guide de la gamme publié par Alastair Running le 15 octobre 2026 présente toujours la Pro 5 comme la chaussure carbone de course de Saucony, à côté de l’Endorphin Elite 3, à la mousse plus souple et vendue plus cher (290 $ contre 225 $).
Pour qui ?
D’après les tests, l’Endorphin Pro 5 vise le coureur qui veut une chaussure carbone stable et tolérante, en séance comme en course. RunRepeat la recommande aux débutants en super-chaussure et aux coureurs qui attaquent du talon, Fordy Runs au coureur ordinaire plutôt qu’à l’élite, Foroatletismo aux coureurs neutres jusqu’à 90 kg.
Sur la distance, les tests ne s’accordent pas. Dix la jugent adaptée au marathon et cinq émettent des réserves : RTINGS trouve l’amorti un peu juste sur 42 km, et Doctors of Running, The Running Club, RunningXpert et le test de mars de Road Trail Run la placent plutôt jusqu’au semi. RTINGS lui donne 8,0/10 sur 5 et 10 km, 7,8/10 en semi et marathon, et 6,5/10 en entraînement quotidien.
Elle est moins indiquée dans trois cas :
- tu cherches la chaussure la plus légère et la plus explosive : RunRepeat oriente alors vers l’Endorphin Elite 2, remplacée depuis par l’Elite 3, ou vers la Fast-R Nitro Elite 3 ;
- ton tendon d’Achille est sensible ou tu cours en socquettes : sept tests signalent un talon irritant ;
- ton pied est large à l’avant : quatre tests la trouvent étroite, et la fiche Saucony France n’affiche que la largeur standard.
Les alternatives
Plusieurs rivales citées par les tests ont leur propre synthèse :
- l’Endorphin Elite 3, au même poids, aux mêmes hauteurs et au même drop selon Alastair Running, mais avec une mousse IncrediRUN plus souple ; la Pro 5 reste plus facile à contrôler fatigué ;
- la HOKA Rocket X 3, autre chaussure carbone réputée stable, plus rebondissante selon Solereview ;
- l’adidas Adios Pro 5, qui remplace l’Adios Pro 4, jugée plus rebondissante par Solereview et Fordy Runs, avec un avant-pied plus souple selon Alastair Running ;
- la Nike Vaporfly 4, environ 28 g plus légère, plus étroite et plus basse selon une testeuse de Road Trail Run, qui la garde pour les courses courtes ;
- la New Balance SuperComp Elite v6 : RTINGS jugeait la v5 plus légère, plus rebondissante et plus amortie, la Saucony plus stable ;
- la PUMA Fast-R Nitro Elite 3, référence des chaussures élites pour Solereview et option explosive pour RunRepeat ;
- l’ASICS Metaspeed Sky Tokyo, plus rebondissante et moins stable selon Road Trail Run, qui juge la Pro 5 plus sûre pour un novice.
Pour les comparer avec leurs mesures et leurs prix, consulte nos comparatifs de chaussures carbone et de chaussures de marathon, ainsi que l’ensemble de nos synthèses de tests.
Tests lus les 15 et 17 octobre 2026, prix relevés le 17 octobre 2026.
