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Footing de récupération : allure, durée et place dans la semaine

Un footing de récupération se court lentement, en bas de ton endurance fondamentale. La bonne allure en % de VMA et en % de FCmax avec des exemples calculés, la durée, le bon moment dans la semaine et ce que la recherche en dit.

Coureur sur une route de campagne bordée d'herbe

La bonne allure, en bref

Un footing de récupération se court en bas de ton endurance fondamentale : 60 à 65 % de ta VMA, sous 70 % de ta FCmax, avec un « oui » franc au test de la parole. Plus lent, c’est permis ; plus rapide, ce n’est plus de la récupération.

Cette page règle l’allure et la place du footing de récupération. Pour la récupération dans son ensemble (sommeil, massage, froid, compression, repos), vois notre guide de la récupération en course à pied.

À retenir : le footing de récupération se règle à l’intensité, pas à l’allure du jour. Si tes jambes sont lourdes, ralentis jusqu’à retrouver une aisance complète, quitte à alterner course et marche.

L’allure en pourcentage de VMA

Dans nos outils, l’endurance fondamentale correspond à 60–70 % de ta VMA. Le footing de récupération en occupe la moitié basse, de 60 à 65 %. Descendre plus bas n’a rien de gênant : l’échelle présentée par Seiler et Tønnessen (2009) fait commencer la basse intensité vers 50 % de la VO2max, et sa zone la plus basse s’étend de 45 à 65 % de la VO2max, pour une lactatémie de 0,8 à 1,5 mmol/L.

Calculs : vitesse = VMA × pourcentage, allure = 3 600 / vitesse.

VMA (km/h) Vitesse à 60–65 % (km/h) Allure de récupération (min/km) Pour comparaison : 70 % de VMA (min/km)
10 6,00 à 6,50 10:00 à 9:14 8:34
12 7,20 à 7,80 8:20 à 7:42 7:09
13 7,80 à 8,45 7:42 à 7:06 6:36
14 8,40 à 9,10 7:09 à 6:36 6:07
15 9,00 à 9,75 6:40 à 6:09 5:43
16 9,60 à 10,40 6:15 à 5:46 5:21
18 10,80 à 11,70 5:33 à 5:08 4:46

Exemple : avec une VMA de 15 km/h, 60 % donnent 9,00 km/h, soit 3 600 / 9 = 400 s, donc 6:40 /km ; 65 % donnent 9,75 km/h, soit 6:09 /km. Si tu ne connais pas ta VMA, estime-la avec le calcul de VMA ; le tableau complet de tes zones est sur la page des allures selon ta VMA.

L’intensité en pourcentage de FCmax

L’échelle de Seiler et Tønnessen situe la zone d’intensité la plus basse entre 55 et 75 % de la FCmax. Stöggl et Sperlich (2015) citent une autre échelle où cette zone va de 54 à 73 % de la FCmax. Le footing de récupération en vise la partie basse. Dans notre calculateur de FC max et zones, cela correspond à la zone 1 (50–60 %) et au bas de la zone 2 (60–70 %), sans dépasser 70 %.

FCmax estimée par la formule de Tanaka (208 − 0,7 × âge) :

Âge FCmax estimée (bpm) 50 % (bpm) 60 % (bpm) 70 %, plafond (bpm)
30 ans 187 94 112 131
40 ans 180 90 108 126
50 ans 173 87 104 121

Si tu utilises la méthode de Karvonen, fondée sur la FC de réserve, les valeurs sont plus hautes à pourcentage égal : pour 40 ans et une FC de repos de 55 bpm, 60 % donnent 130 bpm. Choisis une méthode et ne mélange pas les deux.

Le test de la parole

Le test de la parole consiste à réciter un court texte de 30 à 100 mots et à te demander si tu peux parler confortablement ; il repère des intensités proches des seuils ventilatoires (Foster et al., 2018). En footing de récupération, la réponse doit être un « oui » sans hésitation, du premier au dernier kilomètre. C’est le meilleur arbitre les jours où la montre et le cardio ne disent pas la même chose.

Combien de temps

Il n’existe pas de durée validée par la recherche pour un footing de récupération : la durée se règle sur ton volume habituel. Un repère simple : nettement plus court que tes footings normaux, souvent 20 à 40 minutes, sur terrain plat.

Durée Distance pour VMA 12 km/h (60–65 %) Distance pour VMA 15 km/h (60–65 %)
20 min 2,4 à 2,6 km 3,0 à 3,25 km
30 min 3,6 à 3,9 km 4,5 à 4,9 km
40 min 4,8 à 5,2 km 6,0 à 6,5 km

Ne cherche pas à boucler une distance : arrête-toi au temps prévu, même si tu te sens bien.

Quand le placer dans ta semaine

Le footing de récupération se place le lendemain d’une séance exigeante : fractionné, séance au seuil, sortie longue ou course. Exemple de semaine à cinq sorties :

Jour Séance
Lundi Footing de récupération (lendemain de la sortie longue)
Mardi Repos
Mercredi Séance de qualité : fractionné ou seuil
Jeudi Footing de récupération
Vendredi Repos
Samedi Footing en endurance fondamentale
Dimanche Sortie longue

Le repos complet passe avant le footing après une course longue, en cas de douleur, de maladie ou de fatigue qui dure. Si ces signes persistent malgré quelques jours plus légers, lis notre article sur le surentraînement.

Ce que la recherche en dit

Les études portent surtout sur la récupération active juste après l’effort, pas sur le footing du lendemain. Leurs conclusions invitent à ne pas en attendre de miracle.

  • Lactate : d’après la revue de Van Hooren et Peake (2018), un retour au calme actif accélère l’élimination du lactate dans le sang, mais pas forcément dans le muscle.
  • Courbatures : la même revue conclut que, dans la plupart des études, il ne les réduit pas significativement. La méta-analyse de Dupuy et ses collègues (2018) trouve en revanche une baisse des courbatures avec la récupération active, sans effet sur la fatigue perçue ni sur les marqueurs sanguins d’inflammation étudiés.
  • Blessures et adaptations : pour Van Hooren et Peake, la récupération active ne semble pas prévenir les blessures, et la pratiquer régulièrement n’atténue pas les adaptations à long terme, d’après des données encore préliminaires.

La valeur du footing de récupération tient donc surtout à ce qu’il permet : du temps de course facile, sans fatigue en plus. Ce bénéfice disparaît dès qu’il est couru trop vite.

Erreurs fréquentes

  • Accélérer quand les jambes reviennent. Seiler et Tønnessen citent les observations de Foster et ses collègues : les athlètes courent plus vite que prévu les jours faciles et moins vite les jours difficiles.
  • Courir en groupe à l’allure du plus rapide. Cours seul ou avec quelqu’un qui accepte ton allure.
  • Ajouter des accélérations ou des côtes. Garde-les pour les footings normaux.
  • Allonger la sortie. Un footing de récupération de 1 h 15 n’en est plus un.
  • Courir malgré une douleur. Une douleur qui modifie ta foulée impose le repos et, si elle persiste, une consultation.

Questions fréquentes

Quelle allure pour un footing de récupération ?

Vise le bas de ton endurance fondamentale, soit 60 à 65 % de ta VMA. Avec une VMA de 15 km/h, cela donne 9,00 à 9,75 km/h, soit une allure de 6:40 à 6:09 par kilomètre. Si tes jambes sont lourdes, cours plus lentement encore : un footing de récupération n'a pas d'allure plancher. Le test de la parole doit rester un « oui » franc du début à la fin.

Quelle fréquence cardiaque pour un footing de récupération ?

Reste en zone 1 ou en bas de zone 2 de notre calculateur, sans dépasser 70 % de ta FCmax. Pour un coureur de 40 ans dont la FCmax est estimée à 180 bpm par la formule de Tanaka, la zone 1 va de 90 à 108 bpm et 70 % donnent 126 bpm. Une FCmax mesurée est plus fiable qu'une formule d'âge, qui reste une estimation.

Combien de temps doit durer un footing de récupération ?

Garde-le plus court que tes footings habituels : 20 à 40 minutes suffisent dans la plupart des semaines. Le footing de récupération ne vise pas une distance, mais du temps de course facile qui ne laisse pas de fatigue supplémentaire. Avec une VMA de 15 km/h, 30 minutes à 60–65 % de VMA représentent 4,5 à 4,9 km.

Quand faire un footing de récupération ?

Le lendemain d'une séance exigeante : fractionné, séance au seuil, sortie longue ou course. Il permet de garder une sortie sans gêner l'assimilation de la séance précédente. Après une course longue, une douleur, une maladie ou une grosse fatigue, le repos complet passe avant. Place toujours au moins un jour facile ou de repos entre deux séances intenses.

Footing de récupération ou repos complet ?

Les deux ont leur place. Le footing de récupération convient quand tu es simplement fatigué par une séance dure. Le repos complet s'impose en cas de douleur, de maladie, de fatigue qui persiste ou après une course longue. La revue de Van Hooren et Peake (2018) montre qu'un retour au calme actif accélère l'élimination du lactate sanguin, sans réduire nettement les courbatures dans la plupart des études.

Sources

  1. Intervals, Thresholds, and Long Slow Distance: the Role of Intensity and Duration in Endurance Training (Seiler S., Tønnessen E., Sportscience 13, 2009, p. 32-53) — Sportscience
  2. The training intensity distribution among well-trained and elite endurance athletes (Stöggl T., Sperlich B., Frontiers in Physiology, 6:295, 2015) — Frontiers in Physiology
  3. Do we need a cool-down after exercise? A narrative review of the psychophysiological effects and the effects on performance, injuries and the long-term adaptive response (Van Hooren B., Peake J. M., Sports Medicine, 48(7), 2018, p. 1575-1595) — Sports Medicine (Springer)
  4. An evidence-based approach for choosing post-exercise recovery techniques to reduce markers of muscle damage, soreness, fatigue, and inflammation: a systematic review with meta-analysis (Dupuy O. et al., Frontiers in Physiology, 9:403, 2018) — Frontiers in Physiology
  5. Exercise prescription when there is no exercise test: the Talk Test (Foster C. et al., Kinesiology, 50(1), 2018, p. 33-48) — Kinesiology (Université de Zagreb)

Photos produits : visuels officiels adidas, publiés sur les sites des marques.