Nutrition

Repas avant course : quoi manger et quand avant le départ

Le repas d'avant course ne fait pas gagner de minutes, mais un mauvais repas peut en coûter beaucoup. Horaires, quantités de glucides selon ton poids, aliments qui donnent de l'énergie sans peser sur l'estomac et petits-déjeuners adaptés à chaque distance.

Le principe : réserves pleines, estomac léger

Le repas d’avant course a deux missions. D’abord compléter tes réserves de glycogène, les glucides stockés dans le foie et les muscles. Ensuite te laisser partir l’estomac léger, sans troubles digestifs. Pour une course courte, la seconde mission compte autant que la première ; pour un marathon, la première se prépare dès les jours précédents.

À retenir : le jour J, rien de nouveau. Le repas d’avant course se répète avant tes séances de qualité et tes sorties longues, jusqu’à ce qu’il soit validé.

Quand manger avant une course

Moment avant le départ Quoi Repère publié
4 à 6 h Repas complet, riche en glucides ISSN, 2018
Dans les dernières heures (moins de 4 h) Repas ou collations riches en glucides : 1 à 4 g par kg de poids au total ISSN, 2017
30 à 60 min Collation légère : environ 50 g de glucides et 5 à 10 g de protéines ISSN, 2018
20 à 30 min 400 à 600 mL d’eau fraîche ou de boisson d’effort ISSN, 2018

La fourchette de 1 à 4 g par kilo est large : le bas convient à un repas pris tard ou à un estomac sensible, le haut à un repas pris tôt avant une course longue.

Poids (kg) Glucides dans les heures avant le départ, 1 à 4 g/kg (g)
55 55 à 220
65 65 à 260
75 75 à 300

Tu crains le coup de mou au départ après une collation sucrée ? La position de l’ISSN sur le timing nutritionnel (2017) évoque une possible hypoglycémie réactionnelle, mais rapporte aussi des travaux où un échauffement adapté en annule l’effet, et d’autres où les performances étaient comparables avec des glucides à index glycémique bas ou élevé. Teste à l’entraînement l’horaire qui te convient.

Les aliments qui donnent de l’énergie avant une course

Aucun aliment ne fournit d’énergie miracle le matin d’une course. Ce qui compte, ce sont les glucides, faciles à digérer, en quantité suffisante, et des aliments que ton estomac connaît.

À privilégier À limiter dans les heures qui précèdent
Pain blanc, biscottes, pain de mie Pain complet, céréales riches en fibres
Riz blanc, pâtes, semoule, pommes de terre Légumes secs, crudités en quantité
Banane, compote, fruits bien mûrs Fruits secs en grande quantité
Miel, confiture, sucre, boisson d’effort Boissons ou aliments à base de fructose seul
Une petite portion de protéines, comme un œuf ou du jambon blanc, si tu la tolères Plats gras, fritures, viennoiseries, sauces

Ce tableau suit les recommandations de la revue de de Oliveira, Burini et Jeukendrup (2014) : fibres, graisses, protéines en grande quantité et fructose sont associés aux troubles digestifs à l’effort, et la revue conseille d’éviter protéines, graisses et produits laitiers juste avant et pendant l’effort si tu y es sensible. La position de l’ISSN sur l’ultra-marathon recommande elle aussi d’éviter les aliments riches en graisses ou en fibres au repas d’avant course. Si tu es sujet aux troubles digestifs, lis notre guide pour éviter les problèmes digestifs en courant.

Ces choix valent pour les heures qui précèdent une course. Au quotidien, les céréales complètes, les légumes secs et les fruits restent au cœur de l’alimentation du coureur.

Petit-déjeuner avant course : exemples

Formule Composition Pour qui
Classique Pain blanc ou biscottes, confiture ou miel, banane, boisson chaude habituelle, verre d’eau La plupart des coureurs, toutes distances
Salée légère Riz blanc ou semoule, un œuf, compote Ceux qui supportent mal le sucré le matin
Porridge Flocons d’avoine cuits à l’eau ou au lait, banane, miel Ceux qui tolèrent déjà bien l’avoine avant une séance
Express Banane et boisson d’effort, ou compote et quelques biscuits secs Départ très matinal ou estomac sensible, repas pris tard

Exemple de matinée pour un départ à 9 h 30

  • 5 h 30 à 6 h : petit-déjeuner complet, 3 h 30 à 4 h avant le départ, et un verre d’eau.
  • Jusqu’à 8 h 30 : petites gorgées d’eau selon ta soif.
  • 8 h 30 à 9 h : collation légère si tu as faim, par exemple une banane.
  • 9 h à 9 h 10 : 400 à 600 mL d’eau ou de boisson d’effort, puis échauffement.

Si te lever à 5 h 30 est irréaliste, garde la formule express plus près du départ, mais choisis-la à l’avance et teste-la.

Adapter selon la distance

5 et 10 km

Sur une course de cette durée, l’enjeu principal du matin est le confort digestif : petit-déjeuner léger, pris assez tôt, et de l’eau. La charge en glucides sur plusieurs jours concerne surtout le marathon et les courses plus longues. Le plan d’entraînement 10 km prévoit des séances au rythme de course : profites-en pour répéter ton petit-déjeuner.

Semi-marathon

Ajoute la collation si le petit-déjeuner est loin, et prévois de boire pendant la course. Pour savoir combien de temps tu vas courir, et donc si tu auras besoin de glucides en route, calcule ton allure semi-marathon. Au-delà d’une heure d’effort, la boisson isotonique prend le relais.

Marathon et au-delà

La préparation commence deux à trois jours avant. L’ISSN (2017) indique que les réserves de glycogène sont maximisées par une alimentation riche en glucides, de 8 à 12 g par kilo et par jour ; l’ISSN (2018) décrit un entraînement allégé de 30 à 50 % sur deux à trois jours, avec 200 à 300 g de glucides supplémentaires par jour. Pour un coureur de 65 kg, 8 à 12 g/kg représentent 520 à 780 g de glucides par jour. Le détail de la charge, de la course et de l’après-course est dans nos stratégies de nutrition pour la longue distance.

La veille au soir

  • Un dîner riche en glucides et familier. Pâtes, riz ou pommes de terre, une portion modérée de protéines, peu de sauce grasse.
  • Moins de fibres que d’habitude. La revue de 2014 conseille d’éviter les aliments très fibreux le jour de la course et les jours qui la précèdent.
  • Pas de repas géant. La veille d’un 10 km, un dîner habituel suffit ; pour un marathon, la charge en glucides se répartit sur plusieurs jours, pas sur un seul repas.
  • De l’eau. L’ISSN (2018) propose environ 500 mL la veille au soir, puis 500 mL au réveil.

Caféine : à tester avant

La position de l’ISSN sur la caféine (2021) la juge efficace à doses modérées, de 3 à 6 mg par kilo, le plus souvent prise 60 minutes avant l’effort. Elle souligne aussi que les effets secondaires augmentent avec la dose, que la caféine altère la qualité du sommeil et que la réponse varie beaucoup d’une personne à l’autre. Si tu n’en consommes pas habituellement, le matin d’une course n’est pas le moment de commencer. En cas de trouble cardiaque, de grossesse ou de traitement en cours, demande l’avis de ton médecin.

Erreurs fréquentes

  • Manger un vrai repas trop près du départ. L’ISSN place le repas 4 à 6 heures avant et ne prévoit qu’une collation légère dans l’heure qui précède.
  • Essayer un produit nouveau. Gel, barre ou boisson se testent à l’entraînement, jamais le jour J.
  • Charger en fibres « pour être en forme ». Une assiette très riche en légumes et céréales complètes la veille au soir peut se payer en course.
  • Sauter le petit-déjeuner par peur des troubles. Une collation légère et testée vaut mieux qu’un départ le ventre vide sur une course longue.
  • Boire d’un coup. Répartis l’eau entre le réveil et les 20 à 30 minutes avant le départ, plutôt que de vider une bouteille sur la ligne.

Retrouve nos autres repères sur l’alimentation de l’effort dans la rubrique nutrition du coureur.

Questions fréquentes

Combien de temps avant une course faut-il manger ?

L'ISSN situe le repas qui précède l'effort environ 4 à 6 heures avant, puis une collation légère possible 30 à 60 minutes avant le départ, d'environ 50 g de glucides et 5 à 10 g de protéines. Si le départ est très matinal, un petit-déjeuner plus léger pris plus tard fonctionne aussi, à condition de l'avoir testé avant une séance difficile.

Que manger le matin avant une course ?

Des glucides faciles à digérer, peu de fibres, peu de graisses et une portion modérée de protéines : pain blanc ou biscottes avec confiture ou miel, banane, riz ou semoule, compote. Garde ta boisson chaude habituelle et bois de l'eau. Le plus important est de reprendre un petit-déjeuner que tu as déjà essayé avant une séance de qualité ou une sortie longue.

Quels aliments donnent de l'énergie avant une course ?

Ceux qui apportent des glucides rapidement disponibles et se digèrent facilement : féculents raffinés comme le pain blanc, le riz ou les pâtes, banane, compote, miel, confiture, boisson d'effort. Il n'existe pas d'aliment miracle : l'énergie du jour J dépend surtout des réserves de glycogène constituées par l'alimentation des jours précédents.

Que manger la veille d'une course ?

Un dîner riche en glucides, avec des plats que tu connais, moins de fibres et de graisses que d'habitude. Pour un marathon, la charge en glucides commence plus tôt : l'ISSN décrit deux à trois jours d'entraînement allégé avec 200 à 300 g de glucides supplémentaires par jour. L'ISSN propose aussi de boire environ 500 mL d'eau la veille au soir.

Faut-il boire du café avant une course ?

Ce n'est pas obligatoire. La position de l'ISSN (2021) juge la caféine efficace à doses modérées, de 3 à 6 mg par kg, le plus souvent prise 60 minutes avant l'effort, mais les effets secondaires augmentent avec la dose et la réponse varie beaucoup d'une personne à l'autre. Si tu n'en bois pas d'habitude, ne commence pas le matin d'une course.

Sources

  1. International Society of Sports Nutrition position stand: nutrient timing (Kerksick C.M. et al., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 14:33, 2017) — Journal of the International Society of Sports Nutrition
  2. ISSN exercise & sports nutrition review update: research & recommendations (Kerksick C.M. et al., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 15:38, 2018) — Journal of the International Society of Sports Nutrition
  3. International society of sports nutrition position stand: caffeine and exercise performance (Guest N.S. et al., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 18:1, 2021) — Journal of the International Society of Sports Nutrition
  4. Gastrointestinal complaints during exercise: prevalence, etiology, and nutritional recommendations (de Oliveira E.P., Burini R.C., Jeukendrup A., Sports Medicine, 44 suppl. 1, 2014, p. 79-85) — Sports Medicine (Springer)
  5. International Society of Sports Nutrition Position Stand: nutritional considerations for single-stage ultra-marathon training and racing (Tiller N.B. et al., 2019) — Journal of the International Society of Sports Nutrition

Photos produits : visuels officiels adidas, publiés sur les sites des marques.