Nutrition

Alimentation course à pied : le guide nutrition du coureur

Courir change tes besoins en glucides et en protéines, beaucoup moins le reste de ton assiette. Les quantités publiées par l'ISSN et l'Anses, les aliments essentiels du coureur, les micronutriments à surveiller et huit conseils nutritionnels pour t'organiser.

Bol de flocons d'avoine aux framboises et noix

Ce que la course change dans ton assiette

Courir augmente tes besoins en énergie, en glucides et en protéines. Le reste de l’alimentation suit les mêmes repères que pour n’importe quel adulte. L’International Society of Sports Nutrition (ISSN, 2018) estime les besoins d’un programme de forme générale à environ 25 à 35 kcal par kilo et par jour, et ceux d’un entraînement de volume modéré à élevé à 40 à 70 kcal par kilo et par jour.

Le principe pour un coureur amateur : garder une alimentation de base saine et variée, puis ajuster deux curseurs selon l’entraînement, les glucides et les protéines. Pour passer à la pratique, appuie-toi sur notre méthode pour planifier tes repas sur une semaine d’entraînement.

À retenir : un coureur ne mange pas « autrement », il mange en fonction de ses séances. Les jours chargés, plus de glucides ; tous les jours, assez de protéines.

Glucides : le carburant de l’endurance

Les glucides alimentent tes réserves de glycogène, la principale source d’énergie des efforts soutenus. L’ISSN (2018) exprime les besoins en grammes par kilo de poids et par jour :

Profil d’entraînement (ISSN, 2018) Glucides (g/kg/jour)
Forme générale, 30 à 40 min par jour, 3 fois par semaine 3 à 5
Entraînement intense, volume modéré, 2 à 3 h par jour, 5 à 6 fois par semaine 5 à 8
Gros volume, 3 à 6 h par jour, 5 à 6 jours par semaine 8 à 10

Au quotidien, les féculents complets apportent aussi des fibres ; le PNNS recommande d’en consommer au moins une fois par jour. Avant une course, la logique s’inverse au profit d’aliments peu fibreux. Le rôle des glucides complexes est détaillé dans un article dédié.

Protéines : réparer et s’adapter

L’Anses retient une référence de 0,83 g de protéines par kilo et par jour pour la population adulte en bonne santé, et une part de 10 à 20 % de l’apport énergétique. La position de l’ISSN sur les protéines (2017) va plus loin pour les personnes qui s’entraînent : 1,4 à 2,0 g par kilo et par jour, en prises de 0,25 g/kg ou de 20 à 40 g, réparties toutes les 3 à 4 heures.

Poids (kg) Référence Anses, 0,83 g/kg (g/jour) Repère ISSN, 1,4 à 2,0 g/kg (g/jour)
55 46 77 à 110
65 54 91 à 130
75 62 105 à 150

L’Anses précise que les protéines animales sont généralement plus riches en acides aminés indispensables que les protéines végétales : les céréales sont pauvres en lysine, les légumineuses en acides aminés soufrés. Elle indique aussi qu’avec la diversité des aliments disponibles en France, il n’est pas nécessaire d’associer systématiquement céréales et légumineuses dans le même repas.

Lipides : choisir les bonnes sources

L’ISSN (2018) recommande une part modérée de lipides, autour de 30 % des apports énergétiques. Le choix des sources compte autant que la quantité : le PNNS conseille d’aller vers les huiles de colza, de noix et d’olive, une petite poignée de fruits à coque non salés par jour et du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras comme la sardine, le maquereau, le hareng ou le saumon. Pour approfondir, lis notre article sur les graisses saines.

Fer, calcium, vitamine D : les micronutriments à surveiller

L’Anses publie des références nutritionnelles pour la population générale. Elles ne sont pas spécifiques aux sportifs, mais donnent un ordre de grandeur des besoins.

Nutriment (adultes) Référence Anses
Fer, hommes et femmes aux pertes menstruelles faibles à modérées 11 mg par jour (référence nutritionnelle pour la population)
Fer, femmes aux pertes menstruelles élevées 16 mg par jour
Calcium, 18 à 24 ans 1 000 mg par jour
Calcium, 25 ans et plus 950 mg par jour
Vitamine D 15 µg par jour (apport satisfaisant)

Le fer mérite une attention particulière chez les coureuses aux règles abondantes, dont la référence est plus élevée, et chez les végétariens. Pour ses sources alimentaires, lis notre article sur les aliments riches en fer.

Attention : ne prends pas de complément de fer ou de vitamine D sans avis médical. Seul un bilan prescrit par un médecin permet de vérifier ton statut, et un excès n’est pas sans risque : l’Anses retient par exemple un apport sans risque de 40 mg de fer par jour pour l’adulte.

Les aliments essentiels du coureur

Famille Exemples Repère PNNS (adultes) Pour le coureur
Féculents Pain, pâtes, riz, semoule, pommes de terre, flocons d’avoine Féculents complets au moins une fois par jour Glucides pour l’entraînement et la récupération
Fruits et légumes Frais, surgelés ou en conserve Au moins 5 par jour, une portion faisant 80 à 100 g Vitamines, minéraux, fibres, hydratation
Légumes secs Lentilles, pois chiches, haricots Au moins 2 fois par semaine Glucides, protéines végétales, fibres
Produits laitiers Lait, yaourt, fromage blanc, fromage 2 par jour Protéines et calcium
Œufs, poissons, volailles Œufs, sardines, maquereau, poulet Poisson 2 fois par semaine, dont un gras Protéines de bonne qualité
Viandes et charcuterie Bœuf, porc, agneau, jambon Viande hors volaille limitée à 500 g et charcuterie à 150 g par semaine Protéines et fer, sans dépasser ces plafonds
Fruits à coque Noix, amandes, noisettes Une petite poignée par jour, non salés Lipides de qualité, collation pratique
Huiles Colza, noix, olive À privilégier Acides gras essentiels

Le PNNS conseille aussi de limiter les boissons sucrées et les aliments ultra-transformés au quotidien. Les boissons et gels d’effort ont leur place pendant les séances longues, pas entre les repas.

Le bon aliment au bon moment

Ce que tu manges compte, le moment aussi. Les repères de l’ISSN autour d’une séance :

Moment Priorité Repère de l’ISSN
4 à 6 h avant une séance difficile Repas riche en glucides, avec des aliments que tu digères bien Délai du repas avant l’effort (revue, 2018)
30 à 60 min avant Collation légère Environ 50 g de glucides et 5 à 10 g de protéines (revue, 2018)
Pendant un effort de plus de 60 min Glucides et eau 30 à 60 g de glucides par heure, dans une boisson à 6–8 % (revue, 2018)
Dans les 30 min après Glucides et protéines Environ 1 g de glucides et 0,5 g de protéines par kilo de poids (revue, 2018)
Tout au long de la journée Protéines réparties 20 à 40 g toutes les 3 à 4 heures (position sur les protéines, 2017)

Pour un coureur de 65 kg, la collation d’après séance représente environ 65 g de glucides et 33 g de protéines : un repas complet pris rapidement remplit souvent ce rôle.

L’eau, au quotidien et à l’effort

Boire régulièrement au fil de la journée reste la base. Les jours d’entraînement, tu ajoutes les pertes de sueur de la séance : pour les mesurer et calculer ce qu’il te faut par heure, suis notre guide de la boisson isotonique maison.

8 conseils nutritionnels pour les coureurs

  1. Ajuste les glucides à la séance. Plus de féculents les jours de fractionné ou de sortie longue, moins les jours de repos.
  2. Mets des protéines à chaque repas. L’ISSN recommande de les répartir toutes les 3 à 4 heures.
  3. Garde les repères du PNNS. Fruits et légumes, légumes secs, poisson, fruits à coque : ils ne changent pas parce que tu cours.
  4. Soigne le repas d’avant séance. Ses horaires et son contenu sont détaillés dans notre guide du repas avant une course.
  5. Mange après les séances difficiles. Glucides et protéines dans les heures qui suivent aident à enchaîner la séance suivante.
  6. Prépare tes courses longues. Charge en glucides et ravitaillement se planifient : vois nos stratégies de nutrition pour la longue distance et teste-les pendant les sorties longues du plan marathon.
  7. Écoute ton ventre. Si tes séances sont gâchées par des troubles digestifs, ajuste les horaires et le contenu de tes repas avec notre guide pour éviter les problèmes digestifs en courant.
  8. Privilégie l’assiette aux compléments. L’ISSN rappelle que les besoins en protéines peuvent être couverts par les aliments, et tout complément de micronutriment se discute avec un médecin.

Quand te faire accompagner

Ces repères conviennent à un adulte en bonne santé. Si tu as une pathologie, un régime alimentaire particulier, un objectif de poids ou une fatigue inhabituelle qui dure, consulte un médecin ou un diététicien. Tous nos guides sur l’alimentation, l’hydratation et la récupération sont réunis dans la rubrique nutrition du coureur.

Questions fréquentes

Quelle alimentation pour un coureur ?

La même base que pour tout adulte, avec deux ajustements. Les repères du PNNS restent la référence : au moins 5 fruits et légumes par jour, des féculents complets chaque jour, des légumes secs et du poisson deux fois par semaine. Le coureur ajuste ensuite ses glucides à son volume d'entraînement et vise plus de protéines que la population générale, réparties sur la journée.

Quels sont les aliments essentiels pour un coureur ?

Les féculents, de préférence complets au quotidien, pour les glucides ; les fruits et légumes ; les légumes secs ; les œufs, poissons, volailles et produits laitiers pour les protéines ; les fruits à coque et les huiles de colza, de noix et d'olive pour les lipides. Aucun aliment ne fait la différence seul : c'est la régularité de l'ensemble qui compte.

Un coureur a-t-il besoin de plus de protéines ?

Oui, en général. L'Anses retient 0,83 g par kilo et par jour comme référence pour l'adulte en bonne santé, alors que la position de l'ISSN sur les protéines retient 1,4 à 2,0 g/kg par jour pour la plupart des personnes qui s'entraînent. Pour un coureur de 65 kg, cela fait 91 à 130 g par jour, que des repas variés permettent le plus souvent d'atteindre.

Faut-il prendre des compléments alimentaires quand on court ?

Pas par défaut. L'ISSN rappelle qu'on peut couvrir ses besoins en protéines avec l'alimentation, les compléments restant une solution pratique. Pour le fer, la vitamine D ou d'autres micronutriments, un complément se discute avec un médecin, après un bilan : un excès n'est pas sans risque, et l'Anses retient par exemple un apport sans risque de 40 mg de fer par jour pour l'adulte.

Peut-on courir en étant végétarien ?

Oui, à condition de soigner les apports en protéines et en fer. L'Anses indique que la diversité des aliments disponibles en France rend inutile l'association systématique de céréales et de légumineuses à chaque repas. Ses repères pour les végétariens adultes prévoient 75 g de légumes secs par jour pour les lacto-ovo-végétariens et 120 g pour les végétaliens.

Sources

  1. ISSN exercise & sports nutrition review update: research & recommendations (Kerksick C.M. et al., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 15:38, 2018) — Journal of the International Society of Sports Nutrition
  2. International Society of Sports Nutrition Position Stand: protein and exercise (Jäger R. et al., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 14:20, 2017) — Journal of the International Society of Sports Nutrition
  3. Protéines : rôle, sources et apports recommandés (2025) — Anses
  4. Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2025) — Anses
  5. Les recommandations sur l'alimentation, l'activité physique et la sédentarité (adultes) — Manger Bouger (Santé publique France, Programme national nutrition santé)

Photos produits : visuels officiels adidas, publiés sur les sites des marques.