Ce que retiennent les tests
Cette fiche compile quatorze tests publiés du 22 septembre au 13 octobre 2026 : deux laboratoires (RunRepeat et RTINGS) et douze tests terrain, dont un seul français. Personne à la rédaction n’a couru avec cette chaussure : chaque constat est attribué au média qui l’a publié. Notre démarche est détaillée sur la page méthodologie.
Cinq essais plus courts ou publiés par des revendeurs (The Running Channel, Marathon Sports, RunToTheFinish, Meta Endurance, laufbar) ont aussi été lus, hors décompte. Road Trail Run, resté inaccessible, n’est pas cité.
Amorti et dynamisme
La mousse Lightstrike Pro fait presque l’unanimité : souple, rebondissante et protectrice. RTINGS mesure un amorti qui ne perd que 3,6 % entre 10 et 40 km de course simulée, et le testeur de Complex décrit moins de fatigue en fin de marathon. T3, Canadian Running, Correr una maratón et Esco a Correre la jugent faite pour le marathon. Fordy Runs la trouve au contraire plutôt ferme.
Le dynamisme est plus discuté. Le retour d’énergie à l’avant-pied est élevé au laboratoire (80,4 % chez RunRepeat, 84,4 % chez RTINGS), mais RTINGS en mesure moins que sur l’Adios Pro 4, malgré les 9 % de gain annoncés par adidas. Believe in the Run et T3 décrivent une poussée moins agressive que celle de la 4, et Doctors of Running, Correr una maratón et Esco a Correre la trouvent moins vive sur les efforts courts. RUN’IX la juge au contraire plus réactive que la 4.
Plusieurs tests notent qu’elle est facile à courir. Runner’s World Allemagne la juge plus simple que beaucoup de chaussures carbone, et El del pelotón de atrás, qui l’a courue de 4:02 à 6:50 min/km, s’y est senti efficace même aux allures lentes.
Stabilité
C’est le principal désaccord entre laboratoires et terrain. RunRepeat la juge moins stable que les Adios Pro 3 et 4 : talon de 77,1 mm de large, contre 91,1 mm en moyenne, et contrefort noté 1/5 en rigidité. Il la déconseille aux coureurs qui attaquent du talon. RTINGS lui donne 5,8/10 en stabilité et pointe lui aussi un talon étroit.
Sur la route, six tests la trouvent au contraire stable, souvent plus que la 4 : T3, Alastair Running, Fordy Runs, Correr una maratón, RUN’IX et Runner’s World Allemagne. Correr una maratón attribue ce progrès à l’EnergyRim et à la fermeture de l’évidement de la semelle. El del pelotón de atrás et Esco a Correre concilient les deux lectures : stable en ligne droite, moins sûre au talon dans les virages.
Chaussant et pointure
Sept tests décrivent un chaussant étroit et peu volumineux. RunRepeat mesure une boîte à orteils de 69,1 mm, contre 73,2 mm en moyenne. RTINGS relève une arche étroite et une boîte à orteils basse, et Runner’s World Allemagne la déconseille aux pieds larges. Believe in the Run et Canadian Running trouvent au contraire l’avant-pied un peu large.
La pointure divise. RTINGS, Doctors of Running, Fordy Runs, El del pelotón de atrás et Esco a Correre gardent leur taille habituelle. T3, Complex, RUN’IX et un testeur de Believe in the Run conseillent une demi-pointure de plus, et RunRepeat la trouve un peu petite. Canadian Running conseille l’essayage en magasin.
Le maintien du talon progresse pour Complex, Alastair Running et Canadian Running, mais T3 signale un col qui frotte et Fordy Runs un talon qui bouge.
Adhérence
La semelle Lighttraxion, avec du caoutchouc Continental sous la zone de poussée, accroche mieux que celle de la 4 : RunRepeat mesure 0,74 contre 0,55. Believe in the Run, Runner’s World Allemagne et El del pelotón de atrás saluent son accroche sur route mouillée. Esco a Correre la trouve moins convaincante sur les trottoirs et les bitumes très lisses.
Durabilité et bord de l’EnergyRim
C’est la principale réserve. La mousse est à nu sur le bord externe de l’avant-pied, et RunRepeat mesure une semelle extérieure de 1,0 mm, contre 3,1 mm en moyenne. Fordy Runs a perdu des morceaux de semelle sur les deux chaussures après environ 80 km, et Alastair Running a retiré sa recommandation le 26 septembre. RUN’IX voit une usure en quelques kilomètres, Doctors of Running une usure précoce de la mousse exposée.
D’autres paires ont mieux tenu : aucune trace après plus de 100 km chez T3, une semelle presque intacte après 105,75 km chez El del pelotón de atrás. Plusieurs tests relient l’usure à la façon de poser le pied. Selon Runlovers et RunRepeat, adidas parle d’une abrasion esthétique ; d’après Runlovers, la marque propose un échange gratuit chez le revendeur en cas de défaut structurel.
Second défaut, moins attendu : le bord du cadre carbone est tranchant. Fordy Runs, Correr una maratón et El del pelotón de atrás s’y sont entaillé la cheville, et Alastair Running, RunRepeat et Esco a Correre signalent le même risque pour la jambe opposée. Enfin, cinq tests trouvent la tige peu ou moyennement respirante : RunRepeat, RTINGS, Alastair Running, Correr una maratón et Fordy Runs.
À retenir : les tests décrivent une chaussure de semi et de marathon très légère, souple et facile à courir, avec trois réserves récurrentes : un chaussant étroit, un talon étroit mesuré au laboratoire et une semelle dont la tenue varie fortement d’un coureur à l’autre.
Données constructeur et mesures de laboratoire
Les fiches adidas.fr et adidas.com n’affichent ni poids, ni drop, ni hauteurs : les valeurs constructeur ci-dessous sont celles qu’adidas a données à la presse (T3, Gear Patrol, Doctors of Running).
| Donnée | Annoncé par adidas | Mesuré par RunRepeat | Mesuré par RTINGS |
|---|---|---|---|
| Hauteur au talon (mm) | 39 | 35,6 | 38,2 |
| Hauteur à l’avant-pied (mm) | 35 | 30,0 | 30,9 |
| Drop (mm) | 4 | 5,6 | 7,3 |
| Poids homme (g) | 177 (UK 8,5) | 176 | 170,3 (US 9) |
| Retour d’énergie avant-pied (%) | non publié | 80,4 | 84,4 |
| Retour d’énergie talon (%) | non publié | 75,1 | 82,3 |
| Largeur de semelle au talon (mm) | non publiée | 77,1 | 78 |
| Largeur de semelle à l’avant-pied (mm) | non publiée | 116,2 | 116 |
L’écart avec les données annoncées est net à l’avant-pied : 5 mm de moins chez RunRepeat, 4,1 mm chez RTINGS, d’où un drop mesuré supérieur aux 4 mm annoncés. Au talon, les deux laboratoires ne s’accordent pas (35,6 et 38,2 mm). RTINGS indique par ailleurs un drop annoncé de 6 mm, quand toutes les autres sources parlent de 4 mm.
Le poids annoncé varie lui aussi : 177 g pour la plupart des sources, 175 g pour T3 et Doctors of Running. La version femme est donnée à 150 g par RunRepeat et à 159 g par i-Run.
Le 15 octobre 2026, adidas.fr l’affiche à 260 €, sans réduction possible ; i-Run la vend au même prix. Elle coûte 275 $ sur adidas.com et 220 £ au Royaume-Uni (The Running Channel, Fordy Runs). Avec 39 mm annoncés au talon, elle reste sous la limite de 40 mm fixée par World Athletics en 2020 pour les chaussures de route.
Adios Pro 5 ou Adios Pro 4 : ce qui change
L’Adios Pro 5 est sortie le 22 septembre 2026, d’après T3 et Gear Patrol.
| Élément | Adios Pro 4 | Adios Pro 5 |
|---|---|---|
| Structure carbone | tiges EnergyRods sous le pied | cadre EnergyRim autour de la semelle intermédiaire |
| Drop annoncé (mm) | 6 | 4 |
| Hauteur annoncée à l’avant-pied (mm) | 33 | 35 |
| Poids mesuré par RunRepeat (g) | 200 | 176 |
| Adhérence mesurée par RunRepeat | 0,55 | 0,74 |
| Lacets | plats | crantés |
| Prix aux États-Unis | environ 10 % de moins (RunRepeat) | 275 $ |
Selon adidas, cité par T3, l’EnergyRim laisse plus de place à la mousse sous le pied. RunRepeat mesure la même dureté que sur la 4 pour la mousse principale (30,3 Asker C), surmontée d’une couche plus tendre en PEBA. Le drop de 4 mm compte aussi : Doctors of Running la conseille surtout aux coureurs neutres qui aiment les drops bas, et l’un de ses testeurs a noté une sensibilité accrue du tendon d’Achille.
Les mesures nuancent les promesses : RTINGS trouve l’avant-pied de la 5 plus souple, plus dur à plier et moins restituant que celui de la 4, mais plus protecteur sur la durée. Sur la route, la 5 est jugée plus légère, plus souple et souvent plus stable (T3, Alastair Running, RUN’IX, Correr una maratón), mais moins tranchante (Believe in the Run, T3). Fordy Runs rappelle que ses Adios Pro 3 et 4 s’étaient à peine usées après plus de 160 km. RTINGS juge que la 4 reste intéressante en promotion si tu préfères un avant-pied plus ferme.
Pour qui ?
D’après les tests, l’Adios Pro 5 vise le coureur neutre qui prépare un semi ou un marathon, pose le pied à plat ou sur l’avant, et veut une chaussure carbone légère sans la raideur des modèles les plus radicaux. T3 la conseille à la plupart des coureurs plutôt que l’Adios Pro Evo 3. Vu la fragilité de sa semelle, Canadian Running conseille d’en limiter l’usage avant la course visée : garde-la pour quelques séances à allure marathon de ton plan marathon et pour le jour J.
Elle est moins indiquée dans cinq cas :
- un pied large ou volumineux, puisque sept tests la jugent étroite ;
- une attaque franche du talon ou une pronation marquée (RunRepeat, El del pelotón de atrás) ;
- l’entraînement quotidien, noté 6,2/10 par RTINGS ;
- la recherche d’une poussée sèche sur 5 et 10 km (Believe in the Run, T3, Esco a Correre) ;
- une priorité donnée à la durabilité, ou des chevilles qui se frôlent en courant (Correr una maratón).
Les alternatives
Deux rivales citées par les tests ont leur propre synthèse :
- la Nike Alphafly 4, qui coûte 5 $ de plus aux États-Unis selon Believe in the Run, et dont Fordy Runs trouve la tige plus respirante ;
- la Nike Vaporfly 4, plus agressive et plus rigide selon RUN’IX, qui juge l’Adios Pro 5 plus facile à tenir sur la distance.
D’autres modèles reviennent dans les comparaisons :
- l’Adios Pro Evo 3, plus légère et plus vive selon T3, mais moins protectrice et vendue 500 $ selon Complex ;
- la New Balance FuelCell SuperComp Elite v6, sa rivale la plus proche pour Doctors of Running, avec une tige et un avant-pied plus spacieux ;
- l’ASICS Metaspeed Edge Tokyo et la Puma Fast-R Nitro Elite 3, plus rebondissantes ou plus rigides selon T3 ;
- l’Adios Pro 4, si tu la trouves en promotion et préfères un avant-pied plus ferme (RTINGS).
Pour les comparer avec leurs mesures et leurs prix, consulte nos comparatifs de chaussures carbone et de chaussures de marathon, ainsi que l’ensemble de nos synthèses de tests.
Tests lus et prix relevés le 15 octobre 2026.
