Ce que retiennent les tests
Au 15 octobre 2026, trois tests terrain écrits de la Nike Alphafly 4 ont été publiés : Fordy Runs au Royaume-Uni (21 septembre), Supwell aux États-Unis (4 octobre) et Meta Endurance en Belgique (10 octobre). Aucun laboratoire n’a encore publié de mesures, et les articles français lus sont des présentations fondées sur les données de Nike, sans test terrain. Personne à la rédaction n’a couru avec cette chaussure : chaque constat est attribué au média qui l’a publié. Notre démarche est détaillée sur la page méthodologie.
Ces trois tests restent légers. Fordy Runs s’appuie sur un seul semi-marathon couru en compétition, celui de Shoreditch. Supwell décrit une première sortie, sans kilométrage. Meta Endurance ne chiffre pas sa distance, mais confronte ses sensations aux données d’un capteur Stryd. Believe in the Run, The Running Channel et The Running Collective annoncent des tests complets après la sortie large du 29 octobre : cette fiche sera revue à leur parution.
Amorti et dynamisme
Les trois tests s’accordent sur un point : la foulée est plus douce que sur l’Alphafly 3. Ils divergent sur l’ampleur du changement. Supwell la juge plus douce que sa devancière, mais pas vraiment tendre, avec une bonne protection sous le pied. Meta Endurance va plus loin : selon lui, le talon est si souple qu’il s’écrase presque à l’impact. Nike attribue ce changement à sa nouvelle mousse ZoomX LT, annoncée jusqu’à 17 % plus légère que la ZoomX, avec 8 % de retour d’énergie en plus.
L’avant-pied fait l’unanimité. Les trois testeurs décrivent un rebond net au niveau des deux unités Air Zoom. D’après les données Stryd de Meta Endurance, la chaussure stocke et restitue plus d’énergie à l’avant-pied que les modèles On et adidas auxquels il la compare. Supwell et Meta Endurance relèvent aussi des transitions plus fluides, et Fordy Runs dit avoir relancé sans peine pendant son semi.
Stabilité
C’est le principal désaccord. Supwell trouve la chaussure plus posée que l’Alphafly 3 grâce à une plateforme plus large, et Fordy Runs juge sa stabilité bonne en course. Meta Endurance estime au contraire que le talon trop tendre la rend moins stable. Ses données Stryd montrent aussi une charge d’impact plus élevée qu’avec l’adidas Adios Pro 5, ce qui pourrait, selon lui, accentuer la fatigue en fin de marathon.
La stabilité était pourtant un objectif affiché. Dans un entretien accordé à Tom’s Guide, Bret Schoolmeester, vice-président de Nike chargé des chaussures de running, dit avoir particulièrement travaillé ce point. Nike met en avant sa plaque Flyplate élargie.
Chaussant et taille
La tige Atomknit revue convainc les trois tests. Supwell décrit un chaussant plus précis que sur l’Alphafly 3. Meta Endurance la trouve confortable et respirante, avec une largeur généreuse sans flottement. Fordy Runs, à qui l’Alphafly 3 avait abîmé la voûte plantaire et donné des ampoules, n’a eu ni frottement ni ampoule sur un semi couru par temps chaud.
La taille divise. Fordy Runs la trouve conforme à sa pointure habituelle. Meta Endurance l’a trouvée courte en US 10,5, son pied gauche, plus long, touchant l’avant : il conseille ta pointure habituelle ou une demi-pointure au-dessus pour un semi ou un marathon. Nike ne donne pas de conseil de taille sur ses fiches. Si tu es entre deux pointures, essaie-la avant d’acheter.
Bruit des unités Air Zoom
Nike présente ses unités Air Zoom revues comme plus silencieuses. Supwell relève un couinement étonnamment fort, différent du claquement mécanique de l’Alphafly 3, auquel il faut s’habituer. Fordy Runs la trouve un peu moins bruyante que l’Alphafly 3 dans l’ensemble, mais note qu’elle couine davantage ; il l’a à peine remarqué pendant sa course. Meta Endurance n’en parle pas.
Adhérence et durabilité
Fordy Runs juge la semelle extérieure excellente, sans préciser les conditions. Meta Endurance relève une bonne couverture de gomme et aucun souci sur les surfaces qu’il a empruntées. Il ne pense pas que Nike ait beaucoup changé la gomme depuis l’Alphafly 3, alors que la marque présente une nouvelle semelle Fast Shot. Supwell ne traite pas ce point.
Sur la durée, personne ne sait encore. Aucun test n’a suivi la chaussure sur des centaines de kilomètres, et Meta Endurance juge trop tôt pour se prononcer sur la tenue de la mousse. Nike ne donne aucune durée de vie sur ses fiches ni dans son communiqué. Runnea rapporte un chiffre de 480 km attribué à la marque, qu’il n’a pas pu vérifier.
À retenir : les trois tests décrivent une Alphafly 3 affinée, plus douce et plus confortable, avec un avant-pied toujours très vif. Ils divergent sur la stabilité du talon et sur la taille, et deux sur trois relèvent un couinement.
Données constructeur et mesures de laboratoire
Aucun laboratoire n’a publié de mesures de l’Alphafly 4 au 15 octobre 2026. RunRepeat ne la liste ni dans son catalogue Nike ni dans son guide des chaussures à plaque carbone du 11 août 2026, et Running Warehouse annonce encore son poids et ses hauteurs comme à venir. Le tableau sépare donc les données de Nike des poids que deux testeurs ont relevés sur leurs paires.
| Donnée | Annoncé par Nike | Relevé par les tests | Mesuré en labo |
|---|---|---|---|
| Poids homme (g) | env. 188 en 42 (Nike France) ; env. 208 en UK 9 (Nike UK) | 211 en US 10,5 (Supwell) ; 213 en UK 9,5 (Fordy Runs) | aucune mesure |
| Drop (mm) | 8 | non relevé | aucune mesure |
| Hauteur au talon (mm) | non publiée sur les fiches | non relevée | aucune mesure |
| Hauteur à l’avant-pied (mm) | non publiée sur les fiches | non relevée | aucune mesure |
| Prix public (€) | 279,99 (Nike France) | — | — |
Nike ne publie les hauteurs de semelle ni sur ses fiches française, britannique et américaine, ni dans son communiqué. T3, The Running Channel et Marathons.com citent 39 mm au talon et 31 mm à l’avant-pied : ces valeurs restent à confirmer par une mesure.
Les deux poids relevés par les tests portent sur la même pointure (US 10,5, soit UK 9,5) : 211 et 213 g, une demi-pointure au-dessus de la référence de 208 g de Nike UK. La version femme est annoncée par Nike France au même prix et au même poids, env. 188 g en pointure 42.
Le 15 octobre 2026, la fiche Nike France affichait « Bientôt disponible », sans date. Le communiqué de Nike annonce une avant-première limitée sur nike.com le 17 septembre, puis une distribution plus large le 29 octobre, sur nike.com et chez certains revendeurs. i-Run l’annonce « à partir du 29 octobre ». Aux États-Unis, Nike la vend 280 $ et l’affichait épuisée ; au Royaume-Uni, 254,99 £.
Alphafly 4 ou Alphafly 3 : ce qui change
| Élément | Alphafly 3 | Alphafly 4 |
|---|---|---|
| Mousse | ZoomX | ZoomX LT et ZoomX |
| Plaque | Flyplate carbone pleine longueur | Flyplate carbone élargie |
| Unités Air Zoom | deux à l’avant-pied | deux à l’avant-pied, revues et annoncées plus silencieuses |
| Poids annoncé homme (g) | env. 218 en 44 | env. 208 en UK 9 |
| Drop annoncé (mm) | 8 | 8 |
| Prix public Nike France (€) | 309,99 | 279,99 |
Sur une pointure comparable (le 44 correspond au UK 9), le gain annoncé est d’environ 10 g, soit 4,6 %, proche des 5 % mis en avant par Nike. La marque revendique aussi 10 % de retour d’énergie en plus, une donnée qu’aucun laboratoire indépendant n’a vérifiée. D’après Nike, cité par Tom’s Guide, les unités Air Zoom sont désormais soudées par radiofréquence, ce qui les allège de 30 %.
Les tests décrivent une évolution plus qu’une rupture. Meta Endurance y voit une Alphafly 3 améliorée et ne conseille pas de changer si ta version 3 est encore en bon état. Fordy Runs parle lui aussi d’évolution, mais l’a trouvée bien meilleure pour ses pieds. Supwell la juge plus stable et mieux ajustée que sa devancière.
Le prix joue en sa faveur : 30 € de moins que le prix public de l’Alphafly 3 chez Nike France. Le 15 octobre 2026, Nike France vendait toutefois un coloris homme de l’Alphafly 3 à 216,99 €, soit 30 % de remise. Si tu cours déjà en Alphafly 3 et qu’elle te convient, une paire soldée reste une option à considérer.
Pour qui ?
D’après les tests, l’Alphafly 4 vise le coureur qui prépare un semi-marathon ou un marathon avec un objectif de chrono. Meta Endurance la réserve aux jours de course et aux séances rapides, à allure marathon ou en tempo, avec une chaussure d’entraînement à côté.
Le profil décrit par Meta Endurance est celui d’un coureur léger, autour de 60 à 65 kg, qui attaque de l’avant-pied. Si tu poses franchement le talon, si tu es plus lourd ou si tu as besoin de stabilité, il conseille de regarder ailleurs. Supwell et Fordy Runs, qui la jugent stable, ne posent pas cette limite. Pour fixer ton allure cible, le calculateur d’allure marathon donne tes temps de passage.
Elle intéressera aussi qui découvre l’Alphafly ou remplace une paire usée, selon Meta Endurance. Fordy Runs la recommande aux coureurs que la voûte plantaire de l’Alphafly 3 avait gênés.
Les alternatives
Trois modèles reviennent comme alternatives : la Vaporfly 4 dans la gamme Nike, et les deux rivales auxquelles Meta Endurance compare l’Alphafly 4.
- La Nike Vaporfly 4 est plus légère sur le papier : env. 190 g en 44 contre env. 208 g en UK 9 pour l’Alphafly 4, d’après Nike. Son drop est de 6 mm et Nike France la vend 259,99 €.
- L’adidas Adizero Adios Pro 5 coûte 260 € sur adidas.fr. Meta Endurance la trouve plus ferme, plus stable et plus économe, et la conseille plutôt aux coureurs qui attaquent du talon, aux gabarits lourds et au marathon, tout en s’interrogeant sur la tenue de sa mousse.
- L’On Cloudboom Strike 2 : pour Meta Endurance, l’Alphafly l’emporte sur le confort et la tige, mais l’On s’est montrée un peu plus économe dans ses données et a moins chargé les jambes.
Pour situer l’Alphafly 4 parmi les modèles en vente, consulte notre sélection de chaussures à plaque carbone, notre guide de la chaussure de marathon et l’ensemble de nos synthèses de tests.
Tests lus et prix relevés le 15 octobre 2026.
