Ce que retiennent les tests
Cette fiche compile treize tests publiés entre le 20 avril et le 24 juillet 2026 : deux laboratoires (RunRepeat et RTINGS) et onze tests terrain, dont quatre menés par deux à cinq testeurs. Douze viennent de l’étranger : huit médias américains, RTINGS (Canada), RunRepeat, Women’s Running UK et l’espagnol Soy Corredor. Un seul est français, RUN’IX. Personne à la rédaction n’a couru avec cette chaussure : chaque constat est attribué au média qui l’a publié, selon notre méthodologie.
Cinq essais de revendeurs ou de premières impressions ont aussi été lus, hors décompte (The Running Channel, SportsShoes.com, RunningXpert, Running Lab, Marathon Sports). Le test de The Run Testers, inaccessible, n’est pas cité.
Amorti et dynamisme
La souplesse de la mousse IncrediRUN fait l’unanimité. RunRepeat mesure 15,5 au duromètre Asker C, contre 35,5 en moyenne et 22,3 pour l’Elite 2 : la nouvelle version est encore plus tendre, ce que Women’s Running UK ressent aussi. Le rebond est élevé au laboratoire : 87,4 % de retour d’énergie à l’avant-pied chez RTINGS, où seules deux ASICS font mieux, et 81,0 % chez RunRepeat. RTINGS relève un amortissement presque constant entre 10 et 40 km de course simulée.
Le dynamisme dépend de l’allure, et c’est le point qui divise le plus. Doctors of Running, Running Northwest et Soy Corredor décrivent une mousse qui répond mieux quand le rythme monte, Soy Corredor situant son terrain idéal sous 4:00 min/km. Les quatre testeurs de Running Warehouse lui trouvent au contraire peu de vivacité aux allures les plus rapides, comme un testeur de Believe in the Run. Aux allures lentes, Doctors of Running, Running Northwest, RunToTheFinish et une testeuse de Road Trail Run la trouvent molle ou trop rebondissante, quand Tom’s Guide la juge plus tolérante que ses rivales.
Stabilité
Dix tests reconnaissent un progrès par rapport à l’Elite 2. RunRepeat fait passer sa note de stabilité de 20 à 33 sur 100 et mesure un talon élargi de 3,6 mm, à 94,2 mm, au-dessus de la moyenne (91,1 mm). RTINGS la juge nettement plus stable que la version 2, et Alastair Running et Women’s Running UK la sentent mieux posée quand la fatigue arrive.
Elle reste pourtant instable pour dix tests sur treize. RunRepeat relève une faible rigidité en torsion (10,0 Nm contre 14,3 en moyenne) et un contrefort noté 1 sur 5 ; RTINGS lui donne 6,5/10 en stabilité et pointe une voûte étroite. Les virages rapides gênent Doctors of Running, Tom’s Guide, Soy Corredor, Running Warehouse, RUN’IX et une testeuse de Road Trail Run, mal à l’aise aussi en côte et sur bitume irrégulier.
Sur l’attaque talon, les avis s’opposent : RTINGS la juge très tolérante et Alastair Running meilleure que la plupart des chaussures de course, quand RunToTheFinish craint que la mousse déroute ceux qui posent le talon.
Chaussant et pointure
La tige progresse pour huit tests : plus douce, mieux tenue au talon et plus facile à enfiler que celle de l’Elite 2. Une testeuse de Believe in the Run a toutefois senti son pied bouger, jusqu’à l’ampoule, et Running Warehouse signale une pression du laçage sur le dessus du pied.
L’avant-pied divise. Doctors of Running, Running Warehouse, RTINGS et Women’s Running UK le trouvent large ou spacieux pour une chaussure de course. RunRepeat mesure au contraire une boîte à orteils effilée (71,8 mm, contre 73,2 mm en moyenne), et RunToTheFinish la déconseille aux pieds larges. Saucony ne propose qu’une largeur.
Côté pointure, six tests la disent fidèle : Running Warehouse, Tom’s Guide, Alastair Running, Women’s Running UK, un testeur de Believe in the Run et un de Doctors of Running. RunRepeat, RTINGS, une testeuse de Doctors of Running et une testeuse de Road Trail Run la trouvent courte et conseillent une demi-pointure de plus.
Adhérence et durabilité
L’accroche progresse au laboratoire : 0,54 chez RunRepeat, contre 0,48 pour l’Elite 2. Sur route mouillée, deux testeurs de Road Trail Run, Running Northwest et une testeuse de Doctors of Running n’ont pas eu de souci, mais Tom’s Guide l’a trouvée glissante sous la pluie et Soy Corredor ne la conseille que sur bitume sec.
Aucun test ne mesure sa durée de vie : le plus long, celui de Tom’s Guide, couvre environ 72 km. La gomme résiste bien au test d’abrasion de RunRepeat (0,5 mm d’usure, contre 1,1 mm en moyenne), mais elle ne fait que 1,7 mm d’épaisseur et laisse beaucoup de mousse à nu. Cinq tests voient cette mousse marquer vite, sans dégât fonctionnel signalé ; hors décompte, The Running Channel relève une semelle un peu décollée après environ 30 km.
À retenir : les tests décrivent la super-chaussure la plus souple du moment, plus stable et mieux chaussante que l’Elite 2, à son meilleur sur semi et marathon. Trois réserves reviennent : une stabilité encore limitée en virage, un poids supérieur à celui de ses rivales et un prix élevé.
Données constructeur et mesures de laboratoire
Les fiches produit de Saucony n’affichent ni poids, ni drop, ni hauteurs, seulement 40 mm de mousse. Les valeurs constructeur ci-dessous viennent de la page collection Endorphin de Saucony France, sans pointure de référence ; Believe in the Run et Doctors of Running parlent d’une US 9 homme.
| Donnée | Annoncé par Saucony | Mesuré par RunRepeat | Mesuré par RTINGS |
|---|---|---|---|
| Hauteur au talon (mm) | 39,5 | 39,8 | 40,2 |
| Hauteur à l’avant-pied (mm) | 31,5 | 34,1 | 32,2 |
| Drop (mm) | 8 | 5,7 | 8,0 |
| Poids homme (g) | 207 | 210 | 213,2 (US 9) |
| Retour d’énergie talon / avant-pied (%) | non publié | 80,6 / 81,0 | 87,4 / 87,4 |
| Largeur de semelle talon / avant-pied (mm) | non publiée | 94,2 / 116,2 | 95 / 116 |
Les laboratoires ne s’accordent pas sur l’avant-pied : RunRepeat y mesure 2,6 mm de plus que l’annonce, d’où un drop de 5,7 mm, quand RTINGS retrouve les 8 mm annoncés. Pesées par les testeurs, les paires dépassent souvent l’annonce : 213 g en US 9 chez Alastair Running, 217 g en US 8,5 chez Road Trail Run, 223 g en US 10 chez Doctors of Running. Saucony France annonce 184 g pour la version femme, avec un taillant unisexe.
Le 17 octobre 2026, le site Saucony France l’affichait à 320 €, sans promotion ; i-Run la vend au même prix, avec deux variantes remisées à 256 €. Elle coûte 290 $ aux États-Unis et 300 £ au Royaume-Uni.
Endorphin Elite 3 ou Elite 2 : ce qui change
L’Elite 3 est sortie le 1er juin 2026 aux États-Unis selon Saucony, le 20 juin en France selon RUN’IX.
| Élément | Elite 2 | Elite 3 | Source |
|---|---|---|---|
| Mousse | IncrediRUN | IncrediRUN, 6 % de volume en plus | Saucony |
| Souplesse mesurée (Asker C) | 22,3 | 15,5 | RunRepeat |
| Plaque carbone | fendue | fendue, plus rigide | Saucony |
| Découpe au médio-pied | oui | supprimée | Tom’s Guide, Believe in the Run |
| Largeur de semelle au talon (mm) | 90,6 | 94,2 | RunRepeat |
| Poids mesuré (g) | 197 | 210 | RunRepeat |
| Note de stabilité (sur 100) | 20 | 33 | RunRepeat |
| Prix aux États-Unis ($) | 290 | 290 | RunRepeat |
Pour la plupart des tests, la 3 corrige le principal défaut de la 2 sans changer son caractère, et RTINGS la conseille sauf si l’Elite 2 est fortement remisée. Running Warehouse est plus réservé : ses testeurs la trouvent plus lourde et moins propulsive. RUN’IX juge même les sensations presque identiques et ne voit pas d’urgence à changer. Le 17 octobre 2026, i-Run vendait encore l’Elite 2 entre 191 et 210 €, soit 30 à 36 % sous son prix d’origine de 300 €.
Le même jour, aucune Endorphin Elite 4 n’apparaissait sur les sites Saucony France et Royaume-Uni, qui présentent l’Elite 3 comme la dernière évolution de la gamme.
Pour qui ?
D’après les tests, l’Elite 3 vise le coureur neutre à la foulée efficace qui aime les semelles très souples et prépare un semi ou un marathon sur parcours plat. Running Warehouse la recommande pour tenir une allure marathon moyenne à rapide, et RTINGS pour qui cherche un maximum de rebond.
Le niveau visé divise. Soy Corredor la réserve aux allures plus rapides que 4:00 min/km et à une technique propre, quand The Running Channel, hors décompte, la voit pour des marathons de 4 à 6 heures.
Elle est moins indiquée dans quatre cas :
- un besoin de stabilité ou une pronation marquée (RunRepeat, RTINGS, Alastair Running) ;
- un parcours sinueux ou vallonné (Doctors of Running, Soy Corredor, Road Trail Run) ;
- un 5 km à fond, où Tom’s Guide, Running Warehouse et un testeur de Road Trail Run préfèrent des modèles plus fermes ;
- l’entraînement courant, noté 6,4/10 par RTINGS, même si Believe in the Run la verrait surtout en sortie longue et en séance.
Les alternatives
Les tests la comparent surtout à des modèles plus légers ou plus stables :
- la Saucony Endorphin Pro 5, plus stable et moins chère selon RunRepeat, mais sans le rebond de l’IncrediRUN selon Tom’s Guide ;
- l’ASICS Metaspeed Ray, aussi souple, plus légère et encore moins stable selon Tom’s Guide ;
- la Nike Vaporfly 4, plus légère pour un prix proche selon RunRepeat ;
- l’ASICS Metaspeed Sky Tokyo, nettement plus légère et meilleure sur 5 et 10 km selon RTINGS ;
- la Brooks Hyperion Elite 6, meilleure sur courses courtes selon RTINGS, qui trouve la Saucony plus stable et plus souple.
Tom’s Guide cite aussi la PUMA Fast-R Nitro Elite 3, plus légère et plus agressive, et Road Trail Run la PUMA Deviate Nitro Elite 4, plus ferme et plus tournée vers les distances courtes. Pour les comparer avec leurs mesures et leurs prix, consulte nos comparatifs de chaussures carbone et de chaussures de marathon, ainsi que l’ensemble de nos synthèses de tests.
Tests lus les 15 et 17 octobre 2026, prix relevés le 17 octobre 2026.
