Ce que retiennent les tests
Cette fiche compile sept tests publiés du 23 avril au 4 octobre 2026 : deux laboratoires (RunRepeat et RTINGS) et cinq tests terrain, tous publiés hors de France, en anglais. Personne à la rédaction n’a couru avec cette chaussure : chaque constat est attribué au média qui l’a publié. Notre démarche est détaillée sur la page méthodologie.
Les tests complets sont rares, car la chaussure l’est aussi : la paire de RunRepeat portait le numéro 237 d’un premier lot de 301. The Run Testers (une sortie) et Supwell (premier essai sans kilométrage) livrent des premières impressions, et T3 compare l’Evo 3, courue au marathon du Cap, à l’Adios Pro 5. Women’s Running UK (essai sur tapis), le premier essai de Tom’s Guide et le blog non daté du revendeur SportsShoes.com ont été lus hors décompte. Aucun test de Road Trail Run, Believe in the Run, Doctors of Running ou d’un média français n’a été trouvé.
Amorti et dynamisme
La légèreté met tout le monde d’accord. RunRepeat pèse 99 g, et RTINGS 92,8 g en US 9 homme, de très loin la plus légère passée par son labo. Tom’s Guide relève 106 g en US 10, environ 40 g de moins que toutes ses autres chaussures de course.
La mousse Lightstrike Pro Evo est jugée très souple par tous les tests. RunRepeat la mesure à 21,0 Asker C, contre 35,5 en moyenne, soit plus tendre que la Saucony Endorphin Elite 2, sa référence jusque-là.
Le retour d’énergie suit : 80,2 % à l’avant-pied chez RunRepeat, contre 61,4 % en moyenne, et 86,9 % chez RTINGS. Sur la route, The Running Channel et T3 décrivent une chaussure vive et percutante, et le testeur de The Running Channel y a battu de deux minutes son record sur semi. Tom’s Guide note une fréquence cardiaque plus basse aux allures rapides.
L’amorti tient la distance chez RTINGS : l’énergie absorbée à l’avant-pied ne baisse que de 3,9 % entre 10 et 40 km simulés, d’où sa meilleure note en semi et marathon (8,9/10, contre 7,9/10 sur 5 et 10 km). Tom’s Guide la juge pourtant plus à son aise sur des courses plus courtes.
Stabilité
C’est la principale réserve. RunRepeat lui donne 37 en stabilité, avec un contrefort noté 1 sur 5 et une rigidité en torsion de 8,3 Nm, contre 14,3 en moyenne. RTINGS la juge instable, surtout au talon (5,7/10). The Running Channel la trouve difficile à tenir dans les virages serrés, Supwell moins stable que les Evo 1 et 2, et Tom’s Guide doute qu’elle soutienne un marathonien en 2 h 25 en fin de course.
Deux avis vont dans l’autre sens. The Run Testers l’ont trouvée plus stable que redouté, l’EnergyRim tenant le pied des deux côtés, mais sur une seule sortie. Hors décompte, le marathonien élite interrogé par SportsShoes.com la juge plus posée que l’Alphafly, la Vaporfly ou la Cloudboom Strike.
Chaussant et pointure
Les deux laboratoires décrivent une forme étroite. RunRepeat mesure une boîte à orteils de 65,9 mm, contre 73,2 mm en moyenne, et prévient que les pieds larges auront du mal. RTINGS relève une arche très étroite et une pointe effilée, sans version large.
La tige est minimaliste : languette de 1,8 mm chez RunRepeat, tige qui flotte au médio-pied et lacets qui se détendent chez The Running Channel, talons entaillés pendant le marathon de T3. Tom’s Guide a pourtant eu le pied bien tenu à allure maximale.
En longueur, RunRepeat (19 propriétaires interrogés) et RTINGS la jugent conforme. The Run Testers ont pris une demi-pointure de plus, Tom’s Guide la plus grande de ses deux tailles habituelles, quand le testeur de The Running Channel aurait préféré une demi-pointure de moins. Le modèle est unisexe.
Adhérence
Le caoutchouc Continental de l’avant-pied remplace la fine couche de caoutchouc liquide de l’Evo 2, que The Run Testers et Tom’s Guide trouvaient glissante sous la pluie. Tom’s Guide le juge efficace sur route sèche et mouillée, et Supwell note un net progrès. RunRepeat mesure 0,66 sur béton mouillé : mieux que la moyenne (0,53), mais en dessous de ce qu’il attend à ce prix.
Durabilité
Quatre tests la jugent fragile. Au test d’abrasion de RunRepeat, le talon perd 6,3 mm et laisse apparaître la mousse, contre 1,1 mm en moyenne. RTINGS la juge trop fragile pour un usage répété. Après environ 48 km, Tom’s Guide a perdu de petits morceaux de mousse à l’avant-pied et vu le caoutchouc du talon s’effriter. Supwell parle d’une durabilité sacrifiée au poids. La paire de The Running Channel restait au contraire en bon état après 70 km.
À retenir : les tests décrivent une chaussure de course de moins de 100 g, très souple et très vive, avec trois réserves constantes : une stabilité faible, surtout au talon, une construction fragile et un prix de 500 €.
Données constructeur et mesures de laboratoire
La fiche adidas.fr donne le drop et les hauteurs, mais annonce seulement moins de 100 g. Les 97 g en UK 8,5 viennent du briefing d’adidas repris par Road Trail Run, Forbes et Women’s Running UK.
| Donnée | Annoncé par adidas | Mesuré par RunRepeat | Mesuré par RTINGS |
|---|---|---|---|
| Hauteur au talon (mm) | 39,5 | 38,1 | 39,5 |
| Hauteur à l’avant-pied (mm) | 36,5 | 32,2 | 34,0 |
| Drop (mm) | 3 | 5,9 | 5,5 |
| Poids (g) | moins de 100 ; 97 en UK 8,5 (presse) | 99 | 92,8 (US 9) |
| Retour d’énergie avant-pied (%) | 11 % de plus que l’Evo 2 | 80,2 | 86,9 |
| Largeur de semelle au talon (mm) | non publiée | 83,7 | 84 |
Les deux laboratoires mesurent un drop supérieur de 2,5 à 2,9 mm à l’annonce et un avant-pied plus bas, écart que RunRepeat attribue au rocker très relevé. Pour comprendre ce que change cet écart, lis notre guide du drop des chaussures de running. The Running Channel et The Running Club indiquent même 39/33 mm et 6 mm de drop. Les pesées varient avec la pointure : 92 g en 42 chez i-Run, 107 g en UK 9,5 chez The Running Channel.
Prix et disponibilité
Le 17 octobre 2026, adidas.fr l’affiche à 500 €, sans réduction, uniquement par tirage au sort sur l’application adidas. La fiche annonce une ouverture le mardi 1er décembre à 9 h, sans préciser l’année ; adidas.co.uk affiche la même date, à 450 £. i-Run la donne indisponible.
Aux États-Unis, adidas.com annonce un réassort le 29 octobre à 500 $, confirmé par Sole Retriever ; Running Warehouse et Road Runner Sports la limitent à une paire par client.
Adios Pro Evo 3 ou Adios Pro Evo 2 : ce qui change
L’Evo 3 est sortie le 25 avril 2026 en quantités très limitées, selon Road Trail Run et Forbes, à la veille du marathon de Londres que Sabastian Sawe a couru en 1:59:30 avec elle.
| Élément | Adios Pro Evo 2 | Adios Pro Evo 3 | Source |
|---|---|---|---|
| Structure carbone | tiges EnergyRods 2.0 | cadre EnergyRim en U | RunRepeat, Road Trail Run |
| Semelle extérieure | caoutchouc liquide | caoutchouc Continental à l’avant-pied | RunRepeat |
| Hauteur annoncée à l’avant-pied (mm) | 33 | 36 | Road Trail Run |
| Poids mesuré (g) | 139 | 99 | RunRepeat |
| Souplesse de la mousse (Asker C) | 36,5 | 21,0 | RunRepeat |
| Retour d’énergie avant-pied (%) | 74,4 | 80,2 | RunRepeat |
| Usure au test d’abrasion (mm) | 16,3 | 6,3 | RunRepeat |
| Note de stabilité | 45 | 37 | RunRepeat |
| Prix aux États-Unis ($) | 500 | 500 | RunRepeat, Forbes |
adidas annonce 1,6 % d’économie de course en plus, d’après ses propres tests (Road Trail Run). RTINGS confirme une Evo 3 plus légère, plus souple et plus restituante, mais conseille l’Evo 2 à qui préfère une poussée plus ferme. The Run Testers et Women’s Running UK la trouvent plus rebondissante ; Supwell la juge moins stable.
Et après l’Evo 3 ?
Aucune Adios Pro Evo 4 n’apparaît dans les pages lues au 17 octobre 2026. Marathon Handbook signale deux versions de développement de l’Evo 3 homologuées par World Athletics, jamais vendues. L’Adios Pro 5 reprend une partie de sa technologie, selon T3.
Pour qui ?
D’après les tests, l’Evo 3 vise un profil étroit : un coureur rapide, à la foulée régulière, qui attaque du médio-pied ou de l’avant-pied et veut le poids le plus bas possible pour un marathon ou un semi objectif. RTINGS la destine aux élites, pour un marathon ciblé, et T3 aux marathoniens sous les trois heures.
Elle est moins indiquée dans quatre cas :
- une attaque talon (RunRepeat) ou un besoin de stabilité (RTINGS, Tom’s Guide, Supwell) ;
- un pied large, puisque les deux laboratoires la jugent étroite ;
- l’entraînement quotidien, noté 6,2/10 par RTINGS, ou plusieurs courses à la suite ;
- un budget limité : les sept tests citent le prix parmi les défauts.
Le marathonien interrogé par SportsShoes.com y voit la dernière pièce du puzzle, pas un substitut à la préparation : un plan marathon reste la base.
Les alternatives
Les tests citent surtout des chaussures carbone bien moins chères :
- l’ASICS Metaspeed Ray, citée par quatre tests : proche par l’amorti et le retour d’énergie selon RTINGS, mais encore moins stable ;
- la Puma Fast-R Nitro Elite 3, citée par quatre tests : poussée plus ferme et plus vive, mais encore moins stable selon RTINGS ;
- l’ASICS Metaspeed Sky Tokyo, conseillée par Tom’s Guide ;
- l’adidas Adios Pro 5, moins vive mais plus protectrice et mieux tenue selon T3, qui la conseille à la plupart des coureurs.
Pour les pieds larges, RunRepeat cite l’Alphafly 3 et la SuperComp Elite v5, dont les versions suivantes ont leur synthèse : la Nike Alphafly 4 et la New Balance FuelCell SuperComp Elite v6.
Pour comparer ces modèles avec leurs mesures et leurs prix, consulte notre sélection de chaussures carbone, le guide de la chaussure de marathon et l’ensemble de nos synthèses de tests.
Tests lus du 15 au 17 octobre 2026, prix relevé le 17 octobre 2026.
